Ce que toute facture doit porter
- Le code SECeF de la transaction et les éléments de sécurité du système : le NIM, qui identifie la machine émettrice, les compteurs SECeF, la date et l'heure SECeF, et un code QR.
- Le NIF du fournisseur et le NIF du client, ainsi que le numéro d'immatriculation du fournisseur au Registre du Commerce et du Crédit Mobilier, ou son numéro d'inscription au tableau de l'ordre ou de la chambre professionnelle.
- Le prix total hors TVA et le montant de la taxe par groupe de taxation, la mention « exonéré » le cas échéant, et le précompte ISB lorsqu'il s'applique.
- Depuis le 1er janvier 2026, la taxe sur les paiements en numéraire de 1%, due sur tout paiement en espèces supérieur à 100 000 FCFA et collectée par les entreprises au régime réel, qui la reversent avec la TVA au plus tard le 15 du mois suivant.
Numérotation, conservation et correction des factures
Numérotez vos factures selon une séquence unique, chronologique et continue. Une facture sans mention de TVA est réputée toutes taxes comprises : si vous oubliez d'ajouter la taxe, c'est sur votre prix qu'elle sera calculée. Si vous vendez au comptant avec une caisse, ses bandes doivent faire apparaître l'article, le prix unitaire et la TVA, et se conservent dix ans à compter de l'encaissement.
La facture certifiée s'établit en francs CFA, parce que la comptabilité est tenue en FCFA. Une facture en devises n'est admise que si elle se justifie : le logiciel affiche alors les prix en devise et leur contre-valeur en FCFA, les éléments de sécurité sont calculés sur les montants en FCFA, et une ligne de commentaire indique « Le taux de change 1 … = … FCFA à la date du JJ/MM/AAAA », au cours du jour de la facture. Ce paramétrage passe par une auto-déclaration du logiciel.
Gardez aussi vos devis, mémoires de travaux et bons de livraison : le droit de communication de l'administration les vise expressément, y compris sur support informatique.
La facturation électronique au Niger
Oui, et depuis longtemps : la facture certifiée est obligatoire au Niger depuis le 1er septembre 2021. Attention au vocabulaire, le Niger dit « facture certifiée » et non « facture normalisée ». Toute personne physique ou morale, assujettie ou non à la TVA, qui livre des biens ou fournit des services pour les besoins d'autrui ou pour ses propres besoins, doit délivrer une facture émise par un Système Électronique Certifié de Facturation (SECeF) homologué par la DGI, ou un document en tenant lieu. Le SECeF réunit un Système de Facturation d'Entreprise homologué et un Module de Contrôle de Facturation. Vous avez donc le choix entre faire homologuer votre propre logiciel et utiliser e-SECeF, la plateforme gratuite de la DGI qui édite les factures certifiées en ligne ; le compte se demande sur esecef.impots.gouv.ne. La DGI a visé en premier lieu les contribuables aux régimes réel normal et réel simplifié. Les conséquences sont lourdes : une facture émise hors du système par une entreprise qui en dispose n'ouvre droit ni à la déduction de la TVA ni à la déduction de la charge à l'impôt sur les bénéfices. Vendre sans disposer d'un SECeF coûte 2 000 000 FCFA. Vendre sans délivrer la facture électronique réglementaire, ou en minorer la valeur ou la quantité, coûte une amende égale au montant de la TVA, avec un plancher de 100 000 FCFA par facture ou opération, doublée en cas de récidive, et la fermeture des locaux professionnels si le manquement persiste. Une facture certifiée ne s'annule et ne se corrige que par une facture d'avoir certifiée, dont la circulaire du 2 septembre 2025 fixe les conditions : motif explicite, avoir plafonné au montant de la facture de vente, même client et même objet, et tenue d'un registre spécial des factures d'avoir.